Le chat est un animal sensible. S’il n’a pas bénéficié d’un environnement favorable lors de sa croissance, ou s’il est perturbé dans ses habitudes, il risque de présenter d’importants troubles du comportement.

Même un chat comblé peut traverser une période de trouble. Un déménagement, l’arrivé d’un bébé ou d’un autre animal sont les événements qui affectent le plus fréquemment son comportement. Sa capacité d’adaptation dépend à la fois de l’attention que vous lui porterez et de son tempérament, lui-même déterminé par des facteurs génétiques et environnementaux.

La nervosité


De façon très schématique, on peut considérer qu’il existe trois catégories de personnalité chez les chats : assuré et amical, actif et agressif, timide et nerveux. La nervosité – caractère qui dépend le plus fortement de l’hérédité – signe une personnalité qui s’adaptera plus difficilement aux nouvelles situations. Le chat nerveux est un hypersensible qui répond de manière amplifiée à tout tracas ou dérangement. S’il est confronté à une situation nouvelle ou déplaisant, le rythme de sa respiration augmentera, il se cachera sous le lit, voire refusera de se nourrir. Si cette attitude persiste, elle risque de se transformer en désordre psychologique permanent.

Les animaux peuvent aussi développer des affections liées au stress. Chez les chats et les chiens, la tension nerveuse peut être la cause de certains troubles gastro-entériques, dermatologiques et urinaires. D’ailleurs, une étude montre un lien entre le stress et la cystite interstitielle féline. En effet, il semble que le risque qu’un chat subisse un épisode de cystite interstitielle augmente à la suite d’une période de stress, vécue à cause d’un déménagement ou d’un accident, par exemple, ou encore quand il y a un chien dans la maison ou lorsque le chat se voit restreint dans ses déplacements en raison de la présence d’un autre chat. L’étude montre aussi que l’état des chats atteints de cystite interstitielle s’améliore lorsqu’on diminue leur anxiété, qu’on augmente leur espace vital et qu’on sépare les ressources (comme la nourriture) de chaque animal de la maison.



Le stress et le comportement


Le stress influence le comportement des animaux. Par exemple, chez le chat, le marquage urinaire est parfois directement lié au stress. Alors que certaines bêtes peuvent même cesser de manger (anorexie psychogénique), d’autres peuvent se lécher compulsivement. Le chat consacrera alors un temps fou à se toiletter de façon obsessive, parfois au point de perdre plusieurs plaques de poils. Chez le chien, notamment, le fait de manger et de lécher de façon obsessive tout ce qui se trouve au sol, un comportement qui peut être lié au stress, s’appelle le pica. Dans le cas d’anxiété de séparation, certains chiens peuvent même détruire des objets dans la maison, uriner à l’intérieur et s’automutiler.



Le stress et la santé mentale


Le stress chronique qui est mal géré par l’animal peut dégénérer : on assiste au développement de la panique, de peurs et de phobies, à certains désordres anxieux, à de l’anxiété généralisée et parfois même à une variété de comportements de type obsessionnel compulsif. Ici, le problème trouve sa source ni plus ni moins « entre les deux oreilles ». En présence de trouble aussi graves, il est important d’intervenir rapidement afin d’éviter que la situation ne s’aggrave. Un vétérinaire comportementaliste pourra vous aider à s’assurer qu’il n’est pas la conséquence d’un problème de santé. Une étude récente a montré que plus de 75% des chats qui se lèchent de manière compulsive souffrent d’un problème de santé et non pas d’alopécie psychogénique.


Chez les animaux de compagnie, les sources de stress sont multiples.

En voici quelques exemples :


- La présence d’un nouvel animal ou d’un nouvel humain dans la maison
- Un conflit avec un autre animal
- La mort ou le départ d’une personne
- Un déménagement, des rénovations
- La maladie ou la douleur
- Une balade en voiture
- Le manque d’activité et de stimulation lié à la captivité
- Les orages et le bruit des feux d’artifice
- La solitude





Les phobies
Les symptômes.
Certains chats développent soudainement une phobie, c’est-à-dire une peur incontrôlable et irrationnelle d’un endroit, d’une personne ou d’un objet. Le chat paraît calme et devient brusquement hystérique dès que parait l’objet de sa phobie. Il peut s’agir d’un bruit soudain (tonnerre, feu d’artifice), d’un chien, d’un enfant et même de son panier de voyage…

Que faire?
Il est possible de faire oublier au chat sa peur originelle en le familiarisant peu à peu avec ce qui l’effraie. Mais s’il s’agit de bruit survenant de façon inattendue, le cas est plus difficile à traiter. Votre vétérinaire pourra prescrire un léger sédatif ou vous conseiller d’aller voir un spécialiste du comportement.

Le stress et ses symptômes


L’anorexie.
Après un choc émotionnel, un chat cesse très souvent de manger. Un examen médical permettra d’éliminer toute cause physique et d’envisager un problème psychique. Pour encourager votre chat à manger, proposez-lui son mets favori. Nourrissez-le d’abord à la main, puis posez son écuelle sur vos genoux et laissez-y tomber peu à peu les morceaux de nourriture. Caressez votre chat et parlez-lui doucement pendant qu’il mange. Puis posez l’assiette par terre et continuez à le rassurer. Il existe des produits qui stimulent l’appétit. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Limiter les sources de stress


1. La socialisation de l’animal lorsqu’il est encore jeune, dans une période d’âge bien précise, prévient le développement de peurs. C’est une partie importante de son éducation. Il faut lui faire « voir le monde », lui montrer tout ce qu’il rencontrera au cours de sa vie, et ce, de façon graduelle et sécuritaire. On doit également l’habituer à diverses manipulations, à la coupe des griffes, au nettoyage des oreilles et des dents, etc. Et le temps presse! En effet, après l’âge de 14 semaines, il est souvent trop tard pour montrer à notre futur chien de berger ses premiers moutons sans qu’il ne prenne peur…

2. La pire erreur qu’un maître peut faire est de punir son animal qui est stressé ou qui a peur, car cela ne ferait qu’empirer son état. Dans une telle situation, il faut plutôt récompenser les bonnes actions et les bons coups de notre petite bête. Par exemple, si elle branle la queue, s’enhardit et se dirige vers un objet qu’elle n’a jamais vu, on l’encourage.

3. Malheureusement, plusieurs chiens ne font pas suffisamment de promenades à l’extérieur et encore moins d’activités physiques en général. Les maîtres ne jouent pas assez avec eux ou ne leur donnent pas l’occasion de s’amuser avec d’autres chiens. Bref, trop d’animaux manquent d’enrichissement social, que ce soit avec d’autres animaux ou avec des humains. Les chats, quand à eux, ont besoin d’un environnement qui leur permet de se cacher, d’explorer, de simuler la chasse et de passer du temps dans les hauteurs, que ce soit perchés sur une étagère ou dans un arbre à chat.

4. On peut aider notre animal à s’adapter à un changement qui le stresse en utilisant certains produit naturels, comme des phéromones et des suppléments nutritionnels spécialement conçus pour réduire les symptômes du stress. Alors que les chats peuvent bénéficier du Feliway, une phéromone d’apaisement faciale féline. De plus, les vétérinaires offrent depuis peu la nourriture CALM, qui agit de la même façon. Quoi qu’il en soit, avant d’utiliser l’un ou l’autre des ces produits, demandez l’avis d’un vétérinaire et assurez –vous d’éliminer la source de stress d’abord.


Source : Magazine animal et Votre chat









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