Pour vivre en harmonie avec un chat, il est indispensable de connaître l’organisation de son territoire, son rythme de vie et ses préoccupations essentielles. Une fois son territoire défini, organisé et marqué, votre chat va passer le plus chair de son temps à dormir. Et lorsqu’il ne dormira pas, ses occupations principales seront le jeu, la chasse, la nourriture et les câlins.

L’organisation de son territoire


Le territoire d’un chat est exclusif et la qualité prime sur l’espace. En effet à la campagne, le territoire d’une femelle peut atteindre un hectare et celui d’un mâle jusqu’à dix hectares. En ville, dix chats peuvent se partager un tiers d’hectare à la seule condition que jamais les territoires ne se superposent. Selon votre habitation (maison à la campagne ou appartement en ville), votre chat identifiera à son territoire votre foyer, une seule pièce ou quelques mètres carrés.

Le chat organise sa vie, au sein de votre foyer, autour de 4 aires différentes. Vous devez respecter cette organisation sans jamais la perturber au risque de provoquer certains troubles du comportement chez votre chat.

- L’aire d’alimentation
Elle doit être éloignée de son aire de propreté (bac à litière) et de votre propre lieu de repas. Évitez donc votre cuisine ou votre salle à manger pour que votre chat ne confonde pas votre assiette et son écuelle et vienne ainsi grignoter votre repas. Un déséquilibre nutritionnel pourrait apparaître.

- L’aire de repos
Son lieu évolue en fonction de l’ensoleillement et des sources de chaleur qui sont recherchées en priorité par votre chat (radiateur, abords de cheminée, fenêtre ensoleillée…). C’est dans l’un de ces endroits que vous situerez son panier de couchage, sachant qu’il ne devra pas être trop éloigné de votre lieu de vie, car votre proximité garde toute son importance.

- L’aire de propreté
Ce doit être un lieu facilement accessible en permanence par votre chat, isolé de sa gamelle et de votre aire de vie. Un renforcement ou un coin de pièce éloigné de tout passage vous permettre d’éviter bien des nuisances.

- L’aire de jeu
Partie la plus vaste, c’est l’espace de vie et de détente. Il doit être propice au jeu, aux courses folles, aux positions en altitude (table, armoires, étagères, dossier de fauteuil…). Être à la hauteur du visage de son maître ou de tout autre membre de la famille comble votre chat de joie. Il peut alors se frotter contre vous, comme avec un congénère.

- Chat perché
Votre chat adore l’altitude. Si votre foyer ne propose pas suffisamment de positions élevées et stables, essayez d’en créer quelques unes en modifiant quelque peu votre environnement ou en disposant d’un arbre à chat.



La trilogie sommeil/jeu/chasse


Le chaton connaît deux phases distinctes de rythme de sommeil.


- Sommeil profond
Jusqu'à huit semaines, il est en état de sommeil profond et permanent, phase pendant laquelle les hormones indispensables à sa croissance seraient sécrétées. À deux mois, la permanence du sommeil diminue et votre chaton alterne sommeil léger et sommeil profond.

- Sommeil léger
Dès deux mois, son rythme de sommeil va progressivement évoluer vers celui du chat adulte, c’est-à-dire 16 heures par jour en moyenne, réparties en plusieurs périodes sur la journée. Pendant cette phase de sommeil léger votre chaton ne dort que d’une oreille et reste attentif au moindre bruit. Ce premier sommeil léger est généralement suivi d’un sommeil profond où votre chaton se détend parfaitement.

- Important
Il est conseillé de ne jamais réveiller un chaton pendant le sommeil profond afin de ne pas troubler sa croissance.


Le jeu et la chasse


Le jeu ou la chasse sont, chez le chat, deux activités étroitement liées, dans la mesure où la majorité des jeux pratiqués stimule les activités de chasse et où le jouet est souvent identifié à une proie.


- Le jeu
L’exercice est primordial pour l’équilibre du chaton. Il permet de canaliser son énergie, qui ne sera alors pas utilisée à des fins destructrices, mais à tonifier ses muscles. Ses exercices favoris sont ceux qui lui permettent de grimper, de se percher, de sauter, de faire ses griffes et de jouer avec des objets mobiles suspendus au roulant (boule de papier, souris en poil de lapin, balle dure à grelot…).

- La chasse
Son instinct de chasseur peut le conduire à quelques dégâts naturels, que vos voisins ne vous pardonneront jamais (son aire de jeux peut en effet englober les habitations limitrophes) et à un comportement agressif à l’égard de vos mains ou de vos pieds en mouvement. N’hésitez pas à réprimander votre chaton pour qu’il comprenne que ce comportement n’est pas correct.

Attention : votre chaton peut être infesté par ses proies et notamment par les souris. Surveillez sa santé et son équilibre. Au moindre doute, consultez votre vétérinaire.

La race et le comportement


Nous entendons souvent parler du caractère de certaines races : Le siamois aurait tendance à s’attacher jalousement à une seule personne. Le Maine Coon serait plus intelligent ou le Ragdoll plus affectueux. Mais qu’en est-il vraiment?

Précisons d’abord que cet article traite uniquement du comportement du chat. Or, il faut savoir que des tares génétiques et des problèmes médicaux propres à certaines races peuvent grandement influer sur le comportement des individus. L’étude du comportement doit également tenir compte de leur alimentation.

Un animal unique


Pour qu’un comportement particulier devienne une caractéristique chez une race d’animal domestique, il doit être sélectionné et transmis à plusieurs générations. Ainsi, les chiens de certaines races sont depuis très longtemps élevés et utilisés par l’homme pour des tâches spécifiques come garder un troupeau, aller à la chasse ou surveiller une propriété. Après leur avoir été inculqués sur un certain nombre de générations, ces comportements ont fini par faire partie de leur caractère.

Le chat s’avère très différent du chien, puisque c’est l’un des seuls représentants du règne animal à s’être lui-même domestiqué à l’homme. Au fil de l’histoire, la principale utilité du chat a été d’aider à protéger les réserves de nourriture contre les rongeurs, dont il s’alimentait. Chacun y trouvait son compte… L’homme n’a donc pas entraîné le chat pour cette tâche précise, mais leur lien s’est bâti sur un apport mutuel.

La sélection artificielle, soit l’élevage d’une race de chat dans le but de développer certaines caractéristiques précises, est assez récente et concerne d’avantage l’aspect physique que l’aspect comportemental de l’animal. De ce fait, les différences comportementales entre les races de chats sont beaucoup moindres que chez les chiens. Néanmoins, les éleveurs ont eu une influence sur le comportement de certaines races de chats, comme dans le cas du persan. Avec son long poil et sa petite figure ronde, cette race a été élevée pour plaire à l’aristocratie européenne du X1Xe siècle. Mais en plus de son aspect physique, la clientèle aimait du persan qu’il soit peu turbulent. À traves le temps, les éleveurs ont naturellement privilégié ce comportement en évitant de reproduire les individus trop actifs, pour conférer à la race des chats persan ses caractéristiques actuelles.



Des caractéristiques indésirables


La popularité d’une race a pu aussi entraîner l’apparition de comportements indésirables. Le siamois, par exemple, a connu une popularité sans pareille dans les années 1980, ce qui a incité beaucoup de gens à s’en improviser éleveurs. Sans les connaissances nécessaires pour bien gérer un élevage, ils ont fait plusieurs erreurs, comme celles de contraindre leurs femelles reproductrices à avoir jusqu’à quatre portées par année, de séparer les chatons de leur mère avant la 6e semaine (plutôt qu’à la 12e semaine au moins) et d’adopter d’autres pratiques douteuses. Le résultat? De nombreux siamois sont aujourd’hui aux prises avec des problèmes de comportement liés à l’anxiété. Comme la femelle et le mâle reproducteur transmettent leur propre bagage et rien d’autre, les comportements problématiques continuent de se perpétuer de génération en génération.

C’est d’ailleurs le danger qui guette deux races très populaires aujourd’hui : le bengal et le savannah. Le risque est encore plus grand dans leur cas, car il s’agit de races hybrides, c’est –à-dire qu’elles sont issues de croisement entre un animal sauvage et un animal domestique. Les intervenants en comportement félin observent déjà plusieurs problèmes de comportement chez des représentants de ces races vendus par des éleveurs inexpérimentés ou qui n’ont pas à cœur leur bien. Il est à noter qu’un éleveur ne devrait jamais vendre des chats de première ni même de deuxième génération (F1 ouF2), qui sont en principe destinés à l’élevage.

Même si les différences comportementales sont plus manifestes entre les races canines qu’entre les races félines, certaines de ces dernières possèdent quand même des particularités. Le siamois, par exemple, est beaucoup plus bavard que les autres chats. Le savannah souhaite la bienvenue à un individu en feulant, alors que la plupart des autres races s’y prendront souvent de la même manière pour avertir leur vis-à-vis de garder une distance. Beaucoup de raggdolls vont devenir mous comme une guenille quand leur maître les prend dans ses bras. Des caractéristiques physiques déterminent aussi certains comportements. Ainsi, les munchking et les napoléons ont de très petites pattes. Ils sont donc beaucoup plus prudents et gardent leurs distances devant une situation inconnue, car ils savent qu’ils n’ont pas la capacité de se sauver rapidement, comme l’abyssin ou des chats d’autres races plus agile.



Attention aux pièges


Là ou il faut faire attention, c’est lorsqu’un éleveur affirme qu’une race est plus affectueuse ou intelligente qu’une autre, qu’elle est « bonne avec les enfants » ou encore que ses chats sont des « chats-chiens ». L’expérience de la mère et sa manière d’éduquer ses petits, le milieu de vie de ceux-ci et leurs expériences en bas âge aura une influence bien plus appréciable sur leur comportement que n’importe quelle caractéristique censée définir la race.

Vous comprendrez donc que le choix de l’éleveur, l’éducation du chaton ainsi que l’environnement que vous lui offrez sont déterminants. En termes clairs, il est très facile de prendre un chaton d’une race supposément timide et d’en faire un chat plus affectueux que celui d’une race supposément sociable, simplement par le choix d’un bon éleveur, un environnement adéquat et une bonne éducation.

Les gens ont aussi tendance à choisir leur chat en fonction de sa beauté, et non de son comportement. Si, collectivement, nous commencions à attacher plus d’importance au comportement des chatons dans nos tournées chez les éleveurs, ceux-ci auraient alors intérêt à faire une sélection basée sur les bons comportements plutôt que sur les normes esthétiques de la race. Avant de visiter une chatterie, n’hésitez pas à joindre un professionnel du comportement félin : il vous donnera nombre de conseils sur la façon de trouver un bon éleveur et vous expliquera ce qu’il faut prendre en considération dans le comportement d’un chaton et celui de sa mère pour faire un choix respectueux de vous besoins. Et il ne faut jamais oublier que les refuges regorgent de bons chats!

Source : Magazine animal et Le livre du chaton de Royal Canin









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