Vomissements anormaux, diarrhée ou constipation sont généralement les symptômes d’un dysfonctionnement de l’appareil digestif. Les vomissements font partie du système de défense naturel du chat et permettent l’élimination d’aliments nuisibles ou en excès. Il est normal pour certains chats (surtout ceux qui mangent leurs proies) de vomir une à deux fois par semaine. Un chaton peut recracher des vers, signe que son traitement vermifuge a été négligé. Pourtant, une fréquence ou une apparence inhabituelle de vomissement doit attirer votre attention.


Les vomissements anormaux





Les obstructions intestinales :
Si votre chat vomit plus fréquemment que d’habitude, s’il recrache du sang coagulé ou s’il perd du poids, il peut souffrir d’une obstruction intestinale ou d’une tumeur. Consultez alors immédiatement un vétérinaire.


Les gastrites :
Plusieurs formes de gastrite peuvent engendrer des crises de vomissements aiguës. Gardez le chat à la maison et donnez-lui de petites quantités d’eau. S’il vomit l’eau, restreignez les prises de liquide pendant huit à douze heures pour permettre à l’estomac de se reposer. Donnez alors une cuillerée à soupe d’eau toutes les trente minutes afin d’éviter la déshydratation et supprimez toute nourriture pendant les huit heures qui suivent la dernière attaque. Reprenez alors l’alimentation par petites quantités. Si le chat continue à vomir, consultez rapidement un vétérinaire.


L’entérite infectieuse :
Les chats et chatons non vaccinés sont exposés à l’entérite infectieuse. Dans les formes les plus aiguës de la maladie, le chat souffre de crises de vomissements graves et fréquentes, de diarrhée et de douleurs abdominales. L’entérite infectieuse est souvent fatale. Elle est aussi très contagieuse. La meilleure prévention reste la vaccination mais, malheureusement, celle-ci n’est pas efficace contre toutes les formes de la maladie.


Ingestion d’objet :
Des vomissements peuvent également survenir après l’ingestion d’un petit objet provoquant un blocage de l’intestin. Radiographies, endoscopie, voire chirurgie, peuvent être prescrits pour localiser et retirer l’objet. Ce problème est toutefois moins fréquent chez les chats que chez les chiens. Il peut arriver au chat de régurgiter sa nourriture avant même qu'elle ait atteint l’estomac et éventuellement de l’ingérer à nouveau. Ce phénomène occasionnel et bénin peut se produire lorsque le chat mange trop vite. Cependant, s’il persiste, demandez conseil à votre vétérinaire.


La diarrhée


Des excréments informes ou liquides peuvent être le symptôme de problèmes alimentaires ou digestifs comme une suralimentation, un changement de régime mal supporté, une nourriture trop riche ou la présence de vers. Certains chatons présentent une intolérance au lactose contenu dans le lait de vache. Un chaton dont la diarrhée dure plus de 48 heures doit être examiné par un vétérinaire, même s’il semble en bonne santé.


Que faire?
Si votre chat subit brusquement une crise de diarrhée, gardez-le à la maison et ne lui donnez aucun aliment solide pendant 24 heures. Approvisionnez-le seulement en eau fraîche. Cette période passée, donnez-lui la moitié d’une ration journalière normale, en augmentant progressivement les quantités si la diarrhée ne réapparaît pas. Si elle persiste ou s’il y a présence de sang dans les selles, consultez immédiatement le vétérinaire.


Le dérèglement hormonal :
Une perte de poids accompagnée d’une diarrhée chronique peut être le symptôme d’un dérèglement hormonal, une hyperactivité de la glande thyroïde, par exemple. Le chat peut alors développer un appétit vorace. Les plus communément touchés sont les chats plus âgés. Votre vétérinaire effectuera un test sanguin afin d'évaluer les taux d’hormones. Dans la plupart des cas, l’ablation de la glande thyroïde constitue une solution efficace. Des excréments noirs et goudronneux peuvent indiquer une hémorragie interne ou une tumeur, à toujours considérer sérieusement. Si possible, apportez un échantillon récent des selles de votre chat pour les faire analyser afin d’aider le vétérinaire dans son diagnostic. Transportez cet échantillon dans un récipient propre, étiqueté, avec le nom du chat, la date et l’heure du prélèvement.






Les allergies alimentaires


De nombreux chats présentent une sensibilité particulière à un aliment (au foie, par exemple), voir à plusieurs. Le lait ne doit pas être considéré comme une boisson susceptible de remplacer l’eau, mais comme un aliment. Si votre chat souffre de diarrhée chronique, supprimez tous les produits laitiers de son alimentation. Vous pourrez diminuer la diarrhée chez un chat connu pour ses allergies à certains aliments en supprimant toute nourriture préparée à la maison et en privilégiant les aliments du commerce de bonne qualité. Votre vétérinaire vous conseillera. En outre, veillez attentivement à ce que votre chat ne mendie pas sa nourriture ailleurs ou ne fouille pas dans les poubelles, ce qui bien évidemment, annulerais l’effet des précautions que vous prenez.


La constipation


Les causes :
La constipation peut avoir des causes extrêmement simples. Une litière souillée, par exemple, peut inciter un chat à retenir ses selles. Or, lorsqu’il les retient, son intestin absorbe le fluide contenu dans les selles, ce qui peut les rendre trop denses pour être évacuées. Par ailleurs, le stress, l’ingestion de boules de poils, la déshydratation, une tumeur ou une obstruction intestinale (due, par exemple à des os de poulet) peuvent être à l’origine de la constipation. Enfin, c’est un phénomène fréquent chez les chats âgés.


Les symptômes :
Les chats constipés rejettent des excréments durs et secs, voire aucun. Après plusieurs efforts, les selles peuvent devenir liquides. Vous serez alerté lorsque vous remarquerez que pendant plusieurs jours, votre chat ne défèque plus ou qu’il essaie en vain. Ne confondez pas cette attitude avec les efforts faits pour uriner en cas de cystite (voir Problème urinaire). Si la constipation dure, le chat risque de s’affaiblir et de se déshydrater progressivement. S’il se met en outre à vomir, emmenez-le chez le vétérinaire.


Se poser les bonnes questions

En cas de constipation :

  • Le chat fait-t-il des efforts répétés pour déféquer?
  • Cela provoque t-il des douleurs?
  • Son abdomen est-il gonflé et tendu?
  • Le chat se nettoie-t-il excessivement? (L’ingestion de poils est une cause fréquente de constipation).
  • A-t-il récemment fait un séjour à l’hôpital ou dans une pension, ou subi une autre perturbation dans son mode de vie?
  • A-t-il fouillé dans les poubelles?
  • Chasse-t-il?
  • A-t-il avalé un os pointu?
  • S’est-t-il déjà facturé le bassin?
  • Montre-t-il d’autres signes de maladie?
  • Est-t-il actuellement sous traitement pour une autre cause?


  • Le traitement :
    Le vétérinaire éliminera la masse décale en administrant au chat un purgatif ou un laxatif, nécessitant peut-être une anesthésie générale. Les substances émollientes ou purgatives (comme le son) peuvent être utiles pour débloquer les selles. Le vétérinaire prescrira un régime pour quelques jours ou bien vous conseillera de composer une alimentation à base de poisson, poulet, son ou d’œufs pas trop cuits. Radiographie, échographie, tests sanguins peuvent être effectués pour déterminer les causes du problème, suivre les évolutions et prescrire le traitement approprié. En fonction des résultats, il est possible que votre chat ait besoin d’un régime alimentaire spécial à vie. Les jeunes chats (2 à 9 ans) présentent couramment un « mégacôlon » (dilatation anormale du gros intestin, accompagnée d’un épaississement de la paroi) qui provoque une retenue des selles. Si un simple traitement par médicaments peut souvent suffire, il est parfois nécessaire de retirer la partie du côlon atteinte.

    Source : Votre chat (John et Caroline Bower)











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