Le dégriffage du chat est une opération à laquelle ont recours plusieurs propriétaires de félins par crainte d’être blessés ou tout simplement parce qu’ils en ont assez des habitudes dévastatrices de leurs protégés. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, les raisons invoquées le plus souvent chez le vétérinaire vont de la peur de la destruction du mobilier (quand ce n’est pas déjà fait), à la crainte des blessures qui pourraient être infligées aux enfants en bas âge, en passant par la hantise d’attraper toutes sortes de maladies véhiculées par les griffes du chat. Bref, mal nécessaire pour les uns, aberration pour les autres, cette pratique est très répandue aux États-Unis et au Canada. En Europe par contre, elle est illégale. En effet, les chats sont protégés par la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, en vigueur depuis mai 2004 dans 24 pays différents


L’onyxectomie traditionnelle consiste à amputer, au moyen d’un scalpel, la troisième phalange du doigt, soit la dernière, celle dans laquelle la griffe prend racine. Pour cette intervention, il faut placer l’animal sous anesthésie générale. De plus en plus de vétérinaire utilisent un timbre analgésique (Fentany), qu’ils appliquent sur la peau du chat la veille de l’opération. Ce timbre libère un anti-douleur qui permet au patient d’être plus calme au réveil et qui facilite sa remise sur pattes.

Depuis quelques années, plusieurs vétérinaires troquent le scalpel pour un appareil au laser CO. « Bien que cette technique chirurgicale soit identique à celle pratiquée à l’aide d’un scalpel, elle est absolument indolore ». Le Dr Léger utilise cet appareil de façon régulière depuis 10 ans, et il se réjouit de voir ses petits patients sortir de la clinique le lendemain de l’opération. Les chats sont à l’aise sur leur pattes, ils sont enjoués et ils n’ont besoin d’aucune médication pour lutter contre la douleur.




Quel âge doit avoir Minou pour qu’on puisse le faire dégriffer?

Les avis sur cette question divergent. Certains vétérinaires préfèrent intervenir lorsque le chat est âgé d’environs 10 semaines. Selon eux, si on opère un chaton dont la masse corporelle n’est pas encore très importante (moins de kilo), on diminue la douleur infligée à l’animal. D’autres préfèrent que le chat ait atteint l’âge de six mois puisque c’est également l’âge de la stérilisation. On fait donc d’une pierre deux coups en effectuant une seule anesthésie, mais deux chirurgies. De plus, attendre que le chat prenne de l’âge, c’est aussi lui permettre de développer sa personnalité. Avec un peu de chance et beaucoup d’éducation, Minou ne sera peut-être pas le destructeur tant redouté, ce qui réduirait considérablement l’utilité de procéder à cette opération. Dégriffer un chat adulte est possible, mais le laser constitue l’option la plus sécuritaire. Toutefois, attention aux sujets obèses pour qui le poids pout être un gros handicap au moment de la guérison.


Les risques

Le Dr Luc Léger est très confiant lorsqu’il affirme qu’une onyxectomie bien effectuée ne laisse aucune séquelle physique ou psychologique à l’animal. Toutefois, si on se fie aux résultats d’une étude américaine, 12% des chats dégriffés souffriraient de maux divers. Il peut s’agir de maux liés à l’anesthésie, de repousse partielle des griffes ou de nécrose des phalanges. D’autres problèmes d’ordre neurologique peuvent également survenir : les douleurs fantômes (que les personnes amputées d’un membre connaissent bien), les névralgies chroniques (surtout si l’animal prend du poids en même temps que de l’âge), les tendinites ou encore l’affaiblissement progressif des pattes d’en avant, des épaules et des muscles du dos. Toutefois, ces problèmes peuvent résulter d’une erreur chirurgicale. Un vétérinaire qui travaille avec attention et minutie ne sera pas confronté à de telles complications.

Privés de leurs éléments de défense naturels, certains félins souffrent d’insécurité, et la peur qui en résulte peut occasionner des problèmes d’agressivité, autant envers les humains qu’envers d’autres animaux. Minou peut alors découvrir l’utilité d’avoir des dents! Au chapitre des comportements indésirables peuvent s’ajouter la malpropreté; en effet, le chat dégriffé pourrait se tenir loin de la toilette pour la simple raison que le fait de gratter sa litière devient un geste douloureux.




Pour ou contre?

Évidement, le dégriffage a sauvé la vie de plusieurs félins aux habitudes destructrices, qui auraient été euthanasiés si une telle option n’avait pas été envisageable. D’autres propriétaires de chas dégriffés affirment avoir eu recours à cette chirurgie alors qu’ils ignoraient les risques existants mais, au bout du compte, leur compagnon chasse autant et se comporte très bien, voire mieux que ceux qui ont des griffes! Pour ceux qui sont contre, il existe d’autres options, telles que les ballons gonflables sur les rideaux, le papier aluminium dans les plantes, le papier à bulles sur les canapés de cuir etc.…

En résumé, puisque cette chirurgie est, en quelques sorte une amputation, il est important de prendre une décision réfléchie et de discuter avec votre vétérinaire des motifs qui vous poussent à considérer une telle option. Il saura répondre à vos questions et vous offrira la meilleure solution pour votre compagnon.









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