La majorité des gens savent que cet animal territorial peut uriner pour marquer les limites de son territoire, et qu’il n’est pas toujours heureux qu’un congénère s’en approche. Mais le comportement territorial du chat est beaucoup plus complexe que ça et il se reflète dans son attitude à la maison.

À l’intérieur, l’humain aura bien du mal à délimiter le territoire précis d’un chat. Ce dernier ne se promène pas en faisant un beau cercle autour d’un point central, bien au contraire! De plus, son territoire peut croiser celui d’un autre chat. Tant que les deux petits félins n’arrivent pas au même moment à l’endroit où leurs territoires respectifs se croisent, il n’y a pas de problème. Les deux chats vont d’ailleurs faire le nécessaire pour éviter une telle confrontation en respectant une routine très précise pour parcourir leur territoire. Chaque jour, le chat fera sa patrouille, se reposant à des endroits stratégiques, souvent en hauteur, comme une clôture, un arbre ou une galerie. Ces « tours de garde » sont normalement choisis pour des raisons stratégiques, afin que l’animal puisse surveiller la plus grande partie de son territoire. Chaque jour, le chat parcourt la même route, de la même façon et à la même heure de la journée, et ce, tant qu’aucun changement ne survient dans le voisinage. C’est en connaissant les habitudes de tous les autres chats qui vivent dans son environnement que l’animal peut s’y adapter et organiser sa propre routine, de manière à éviter de croiser un congénère : à moins, bien sûr, qu’il ne veuille réclamer plus de territoire à un autre chat.

Votre chat dans la maison


Avez-vous remarqué que votre chat est presque toujours installé aux mêmes endroits, aux mêmes heures de la journée? Chaque jour, il respecte, souvent à une heure près, cette même routine, et ce, tant que rien ne change dans la maison. Si vos habitudes sont toujours les mêmes et que votre chat apprécie votre compagnie, il adaptera les siennes de façon à occuper le même territoire que vous, et il peut même vous devancer si vous êtes en retard!

Si vous avez plusieurs chats, ils établiront une sorte de contrat qui stipule que chacun aura ses tours de garde dans un territoire précis et selon un horaire très précis. Cette entente est importante à l’extérieur, mais elle devient essentielle à l’intérieur.



Les zones


Le chat divise son territoire en zones. En plus de ses tours de garde, il y a en général cinq zones.


La zone de repos :
Celle-ci est souvent située au centre de son territoire, à un endroit où il se sent en sécurité. Si un congénère entre sur son territoire, il protégera sa zone férocement en faisant du marquage urinaire, des griffades et, si nécessaire, en usant de la force.

La zone d’isolement :
Le chat qui va à l’extérieur peut, un jour, revenir à la maison quelque peu amoché à la suite d’une querelle avec un congénère. Un jeunot plus fort que lui tente probablement de réclamer une partie de son territoire; le « vieux » matou se retire donc dans la zone d’isolement, c’est-à-dire la maison. Votre chat peut alors se mettre à faire du marquage urinaire sur le bord de la porte-fenêtre, alors qu’il n’a jamais fait cela avant. Il agit ainsi afin de signaler à cet « envahisseur » qu’ici, il ne cédera pas si facilement. Un chat qui ne va pas à l’extérieur peut adopter ce même comportement s’il voit un autre félin venir sur la galerie. Il peut s’énerver, devenir agressif et même faire du marquage urinaire. Un intervenant en comportement félin peut vous aider à corriger ce problème.

La zone de la latrine :
La zone de latrine est le lieu où le chat urine et fait ses selles. Dans la maison, il s’agit de l’endroit où sont installées ses litières. Généralement, cette zone se situe un peu en retrait de la zone d’isolement, mais pas trop loin. La zone désignée pour les selles peut être différente de celle qui l’est pour l’urine. Très souvent, la zone de latrine est à l’opposé de la zone où le chat se nourrit. C’est l’une des raisons qui explique que, pour éviter des problèmes liés à la litière, celle-ci ne doit jamais être disposée près de l’endroit où l’animal mange.

La zone de chasse :
Le chat détermine l’endroit de cette zone en fonction de l’abondance des proies. Il peut y avoir plusieurs zones de chasse, qui se trouvent normalement assez loin de la zone d’isolement.

La zone de socialisation :
À l’extérieur, la zone de socialisation est souvent la ruelle, où les chats se rencontrent et miaulent à vous en casser les oreilles, que ce soit pour appeler une femelle en chaleur ou simplement pour inviter d’autres chats à jouer. À l’intérieur, il s’agit plutôt de salon, du lit ou simplement de l’endroit où le propriétaire se trouve le plus souvent.

Le pourquoi du comment


A priori, le chat est un animal solitaire qui a besoin de socialiser. À l’extérieur, il est rare de voir deux chats partager un même territoire, à moins qu’il ne s’agisse de femelles qui s’entraident pour l’éducation des chatons ou encore que les ressources soient très abondantes. Dans une maison, les chats partagent un territoire confiné. Ils comprennent donc rapidement qu’il ne leur sert à rien de chasser l’autre chat de ce territoire, car celui-ci ne peut pas en sortir. Les félins qui vivent en groupe au sein d’une même demeure préfèrent donc s’entendre sur le partage du territoire en fonction de chaque moment de la journée. Cette entente leur permet d’éviter les perpétuelles disputes territoriales, qui augmenteraient leur niveau d’anxiété. Il peut arriver qu’un chat accepte de partager une partie de son territoire avec un autre chat de la maison à un moment précis de la journée, mais pas à d’autres moments. Il s’agit d’une zone de fratrie. C’est souvent le cas du lit du propriétaire au moment du coucher; tous les chats s’acceptent, car il y a suffisamment de ressources. Cependant, lorsque les ressources s’amenuisent (lorsque le propriétaire s’endort), un des chats va chasser les autres, car il n’y a plus de « ressources » (caresses et chaleur) pour tout le monde. Il réclamera alors son territoire de façon à peine perceptible ou au moyen de coups de patte sur le museau; cela dépend de l’entente existant entre les chats.



L’importance des hauteurs


Il faut permettre au petit félin de grimper et lui offrir des arbres à chat installés à des endroits stratégiques. L’animal adoptera généralement un endroit en hauteur lui permettant d’avoir une vue d’ensemble la plus large possible sur la maison. La position de l’arbre à chat doit tenir compte de ce besoin d’observation. Dans une maison où il y a plusieurs chats, il faut aménager beaucoup de hauteurs, ce qui permettra à chaque animal de prendre sa place, et d’éviter les disputes liées au partage du territoire. Si les animaux se chamaillent ou se battent souvent, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’endroits situés en hauteur. Lorsque deux chats se disputent un territoire, il est préférable que vous n’interveniez pas, même si votre cœur de maître considère que la situation est injuste pour l’un d’eaux. Une intervention « humaine » empêchera la conclusion d’une entente claire et précise quand au partage du territoire, et les litiges pourront ainsi persister inutilement, voire s’aggraver avec le temps.

Source : Magazine Animal











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